Et si on remplaçait nos traditionnelles boîtes à couture par un bijou-concept à la fois pratique et élégant ?
Si vous êtes du genre à chercher partout vos ciseaux de brodeuse, votre dé à coudre ou vos aiguilles (et la liste peut être longue en mercerie 😅), vous allez adorer ma trouvaille du jour !
Aujourd’hui, on va parler d’un accessoire à la fois pratique et utilitaire qu’on appelle « une Châtelaine ». Cet objet multifonction, souvent composé de plusieurs chaînettes reliées à un pendentif central, c’est un peu l’équivalent du couteau-suisse pour les travaux de couture à la main.
En tant que brodeuse spécialisée dans le bijou brodé (et accessoirement, tête-de-linotte-légendaire 😆), je garde bien au chaud l’idée de m’en créer un exemplaire personnalisé. Et oui, je trouve ça tellement cohérent avec mon activité… et mon tempérament !
La Châtelaine idéale pour une brodeuse ou couturière à la main
Comme je vous le disais en introduction, la Châtelaine bijou peut être composée de façon personnalisée, selon vos besoins utilitaires et vos goûts. Anciennement fixée à la ceinture, elle permettait de transporter des petits outils ou objets du quotidien pour les avoir toujours à portée de main.
Dans cet article, j’ai pensé qu’il serait intéressant de vous proposer ma petite sélection d’accessoires indispensables (ou presque) pour une brodeuse ou couturière à la main. À adapter avec ce qui est disponible aujourd’hui, bien sûr.
Cliquez sur les photos ci-dessous pour les agrandir. Et si vous avez d’autres suggestions, n’hésitez pas à les partager dans les commentaires 😉.

✅ Un fourreau à ciseaux
La petite taille des ciseaux de broderie les rend faciles à égarer. Avec cet étui suspendu, plus besoin de chercher où les poser. Telle une épée dans son fourreau, ils seront toujours prêts à être dégainés 😁 !
Source image : Jenny O’Donnell, CC BY-SA 2.0 UK https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/uk/deed.en, via Wikimedia Commons

✅ Un coussin porte-aiguilles
J’aime beaucoup cet objet. Je le trouve particulièrement ingénieux. Ici, la partie rembourrée (le coussin sur lequel on peut piquer les aiguilles) est prise entre deux estampes de métal ciselé. Cette protection rigide permet donc d’éviter de blesser la personne qui porte la châtelaine.
Source image : Auckland Museum Collections from Auckland, Aotearoa New Zealand, CC BY 2.0 https://creativecommons.org/licenses/by/2.0, via Wikimedia Commons

✅ Un découd-vite
Le découd-vite est un peu l’équivalent de la gomme pour la brodeuse ou la couturière. Grâce à son creux aiguisé, il permet de découdre le fil en le sectionnant. Un objet incontournable !

✅ Un enfile-aiguille
Quand les lunettes deviennent indispensables pour coudre à la main ou broder, c’est qu’il est temps d’investir dans ce type d’objet de secours 😅. Avec son filament métallique adapté au chas de l’aiguille, vous pouvez enfiler tous les fils en un éclair !
Source image : Millos55, CC BY 4.0 https://creativecommons.org/licenses/by/4.0, via Wikimedia Commons

✅ Un étui pour le dé à coudre
Ce porte-dé à coudre est particulièrement élégant avec son revêtement intérieur en velours bleu. Je pensais qu’il s’agissait d’un dé à coudre suspendu à utiliser directement à même la chaîne. Mais non. C’est bien le nid douillet pour accueillir le dé. Le summum du raffinement 👌 !
Source image : Auckland Museum Collections from Auckland, Aotearoa New Zealand, CC BY 2.0 https://creativecommons.org/licenses/by/2.0, via Wikimedia Commons
J’aurais pu ajouter un petit accessoire pour cirer le fil, mais je n’en utilise pas personnellement. Je déteste quand mes doigts sont glissants au moment de broder 😜.
Porter une châtelaine pour affirmer son statut ou son autorité

Sans chercher à vous inonder d’informations historiques au sujet de cet accessoire, je pense qu’il est intéressant de vous donner quelques éléments de contexte sur son utilisation. Pour comprendre en quoi il était un marqueur d’autorité, notamment pour les femmes.
La châtelaine a connu son heure de gloire dans la première partie du 18ème siècle. À l’origine, elle avait pour fonction de rassembler les clés qui donnaient accès aux lieux privés, aux objets de valeur, au garde-manger, etc. Bref, elle était sous la responsabilité, soit de la maîtresse de maison, soit d’une intendante de confiance.
Souvent composée de métal (or, argent, acier, cuivre ou fer), elle était exhibée à la ceinture, comme la preuve visible de la main mise de sa propriétaire sur son foyer ou son lieu de travail, dans le cas du personnel de maison.
C’est pour cette raison que les belles-mères conservaient ces trousseaux, même après l’arrivée de leur belle-fille dans la famille.
Il semblerait que l’origine du mot « châtelaine » vienne du terme qui désigne la propriétaire d’un château à l’époque médiévale. Ce qui serait cohérent, si on la rattache à cette histoire de trousseau de clés.
Les hommes pouvaient aussi porter des châtelaines. Même si, pour eux, ce n’est pas l’absence de poche qui rendait cet objet indispensable (et oui, les robes des femmes étaient moins pratiques pour le transport 😅. Est-ce à dire que la châtelaine est « l’ancêtre » du sac à main pour dames ? Et pourquoi pas !).

Ce qu’il faut retenir, c’est que les usages ont évolué et que les châtelaines « utilitaires » ont progressivement laissé place à des accumulations de breloques dans un but purement esthétique, comme des accessoires de mode.
Il n’était donc pas rare de retrouver des petits flacons, des bourses en côte de maille, des mini-miroirs, des carnets en ivoire accompagnés de leur crayon (comme sur la photo d’illustration), etc.
Et plus le métal était précieux et ouvragé, plus il en disait long sur la richesse de la personne.
Deux versions originales de la châtelaine
Une châtelaine à porter en collier
J’ai connu la châtelaine bijou en me baladant sur Instagram. L’algorithme avait eu la bonne idée de me proposer le contenu d’une créatrice anglo-saxonne qui réalisait des châtelaines sur-mesure à couper le souffle.
Et, de fil en aiguille (expression bien à propos 😁), je suis tombée sur cette vidéo d’une couturière qui porte à son cou sa propre châtelaine. Elle nous en dit plus sur son assortiment d’accessoires.
[Si vous ne parlez pas anglais, vous pouvez traduire la vidéo en français en cliquant sur la roue crantée ⚙ en bas à droite. Puis, sélectionnez « sous-titres » → « traduire automatiquement ».]
Une châtelaine en tissu
Puisqu’on est entre amatrices de tissus et de fils, je ne pouvais pas clôturer cet article sans évoquer la version cousue de la châtelaine (si vous avez visionné la vidéo juste au-dessus, vous avez dû en voir un exemplaire de l’époque Victorienne).
Ici, je vous montre un modèle du Auckland Museum composé de 4 éléments (en général, une châtelaine classique contient un nombre impair d’accessoires pour assurer une certaine stabilité à toutes ces breloques. En tissu, c’est peut-être moins gênant 🤔). On peut apercevoir ↓

1 : un étui pour les ciseaux,
2 : une petite bourse pour ranger des bobines (j’imagine),
3 : un petit coussin à aiguilles, avec son petit effet molletonné trop choupinou,
4 : un pique-aiguille en forme de pompon, rempli de poudre abrasive, puisque le descriptif indiquait la présence « d’émeri » (c’est ma supposition).
Personnellement, je préfère la version collier de la châtelaine à celle qui se porte à la ceinture. ET VOUS ?
En ce qui me concerne, avec tout mon attirail de brodeuse (et créatrice de bijoux), j’aurais l’impression d’être une vraie garagiste avec sa ceinture porte-outils 😅 !
Au cou, je trouve ça plus raffiné… Même si, après réflexion, on peut aussi ressembler à un rappeur américain de la West Coast avec toutes ses breloques XXL 😆.
BREF, je pense qu’il est temps que je m’arrête ici 🤣 ! Dîtes-moi tout : vous connaissiez la châtelaine avant de lire mon article ? Ça m’intéresse !
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